On définit un embryon comme un organisme en voie de développement, depuis l'oeuf fécondé jusqu'à la réalisation d'une forme capable de vie autonome et active, le foetus chez les mammifères.Embryon âgé de 7 jours Le transfert d'embryons est une technique par laquelle les embryons sont prélevés avant qu'ils ne s'attachent à l'utérus. Cette technique permet la production d'un plus grand nombre de rejetons issus d'une femelle nommée alors la donneuse, sans que celle-ci ne doive nécessairement les porter à terme...


     En bref, la donneuse est conditionnée ou non par un traitement hormonal dans le but d'induire plusieurs ovulations et inséminée avec un mâle ou de manière artificielle. Selon les espèces, les embryons ainsi produits sont récoltés par un lavage de l'utérus de la donneuse entre le 5e et le 7e jour suivant l'insémination. Les embryons sont transférés dans des femelles appelées receveuses, dont la valeur économique est de moindre importance, permettant d'utiliser à nouveau la donneuse pour la production d'embryons.

     Le premier transfert d'embryons rapporté a été réussi chez l'espèce lapine par Walter Heape de l'Université Cambridge en 1890. Ce n'est que 40 ans plus tard, soit en 1930, qu'on a pu reproduire les mêmes travaux. Chez les animaux domestiques, cette technique est pratiquée chez la vache, la jument, la chèvre et la brebis. Chez les animaux exotiques, elle y trouve une application chez des espèces comme les chevreuils, les wapitis, les bisons, les chats sauvages...

     Chez la chèvre et la brebis, la technique la plus utilisée consiste à intervenir par chirurgie autant lors de la récupération que du transfert des embryons dans les receveuses. Chez la vache où cette technique d'élevage est largement répandue et chez la jument, elle se pratique par les voies génitales: la moyenne d'embryons recueillis chez la vache peut varier de zéro à cinquante avec une moyenne d'environ six embryons viables. Ces embryons peuvent être soit transférés immédiatement dans des receveuses, soit congelés pour utilisation ultérieure et possiblement exportés dans un autre pays, soit micromanipulés afin de les diviser en deux ou, grâce aux biotechnologies mises au point sur l'identification de l'ADN, en déterminer le sexe avec une précision de plus de 90%. Toujours chez l'espèce bovine où cette technique est la plus utilisée, on obtiendra généralement un veau à tous les 2 embryons produits, donc environ 3 veaux par récupération. Une récupération peut avoir lieu tous les 2 mois chez la même donneuse.

Photo d'une donneuse avec six génisses issues de transfère d'embryon dans des porteuses.

     Les avantages sont multiples. Selon plusieurs recherches et l'expérience vécue par les éleveurs, les receveuses n'ont aucun effet génétique sur le veau résultant; ainsi, le transfert d'embryons est un excellent moyen de tirer avantage d'une femelle à haute valeur génétique, accouplée à un mâle qui engendre lui aussi des caractéristiques recherchées chez une race en particulier. Un autre avantage est certainement la survie d'une race en permettant la production d'embryons qui sont transférés dans des femelles de race différente mais de même espèce ou d'espèces compatibles.

     Le commerce des animaux domestiques entre continents se pratique depuis plus de 100 ans et continue d'être très présent dans les activités internationales; le transfert d'embryons a toutefois permis une avenue plus pratique pour l'exportation ou l'importation d'espèces désirées. Le principal avantage vient du fait que c'est le moyen le plus sécuritaire du point de vue sanitaire pour lutter contre l'introduction de nouvelles maladies dans un pays souhaitant tout de même l'introduction de meilleures lignées génétiques ou de nouvelles espèces animales. Cet aspect est très important pour le Canada qui, grâce au transfert d'embryons, conserve un bas niveau de maladies contagieuses tout en permettant l'introduction de nouvelles valeurs génétiques commercialisables.

     Finalement, des tares soupçonnées généralement héréditaires peuvent être identifiées plus rapidement chez des parents en produisant un certain nombre de sujets issus d'un croisement donné; si la tare est identifiée chez les rejetons, le parent responsable sera alors éliminé afin de ne pas propager cette tare dans la race, évitant ainsi des pertes économiques importantes pour les éleveurs de race.

Dr Roger Sauvé, m.v.
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